
mercredi 16 décembre 2009
Eddie le Hardy

jeudi 26 novembre 2009
Les madeleines (2) : Queen et moi

Malgré ce constat pas très reluisant, je pense que je ne pourrais jamais détester Queen, qui restera toujours pour moi le groupe qui m'a introduit au rock il y a une petite dizaine d'années, vers l'âge de 14 ans. D'aucuns diront qu'il ne s'agit certainement pas de la meilleure porte d'entrée mais rétrospectivement, ce fut un cap important dans ma "quête" de futur mélomane : avant Queen, j'écoutais assidument la radio et a fortiori toute la musique de variété qui y était programmée (il n'y avait pas beaucoup de disques à la maison donc je n'avais pas d'autre choix). A part quelques bribes des Beatles, ce n'est donc qu'à partir de Queen que j'ai commencé à écouter de la musique plus sérieusement.
Et ce groupe avait tout pour m'impressionner : des titres épiques et accessibles, un certain sens de l'ambition, du charisme, de la virtuosité, un côté très versatile (ils ont investi presque chaque genre musical),...Queen m'a littéralement obsédé pendant de nombreuses années et j'ai fini par dégoûter ma famille et mes amis à force de vouloir leur imposer mes idoles. Je passais ainsi une grande partie de mon temps libre à parcourir les forums de discussion sur le groupe, j'ai acheté patiemment leurs disques les uns après les autres, j'ai dû voir leurs clips et leurs lives une bonne centaine de fois...Et j'en étais certain à l'époque : Queen était et serait toujours pour moi le meilleur et le plus grand groupe du monde.
Qu'en est-il aujourd'hui ? Et bien je mesure avant tout le chemin parcouru. Ce qui m'émerveillait avant me laisse plutôt de marbre ou a tendance à m'irriter assez rapidement, comme l'aspect poussif des mélodies, des arrangements et de la production : Queen, c'était avant tout le règne du too much, le groupe qui préférait faire compliqué la où on pouvait faire simple, qui n'hésitait pas à sacrifier l'émotion que certains titres auraient pu procurer en la noyant sous une avalanche d'effets et d'ornements. Finalement, ils représentent parfaitement la déchéance du rock : ils n'ont rien inventé mais ont poussé à l'extrême la musique des Beatles ou de Led Zeppelin en offrant un grand bazar éhonté, qui n'avait de limites que la mégalomanie affichée de leur leader Freddie Mercury (rien que le nom déjà...).
Pourtant le groupe s'en est plutôt bien sorti : quasi unanimement massacré par les critiques mais suivi par un public fidèle. Il faut dire que leur sens de l'humour (non il ne faut pas les prendre au premier degré!), peut-être pas toujours bien perçu de ce côté-ci de la Manche, plaidait en leur faveur. Leurs concerts des premières années, bien que très théatraux, donnaient à voir un groupe soudé et talentueux, avant que le spectacle ne prenne le dessus sur la musique proprement dite. D'ailleurs, la première période de Queen (les albums des années septante donc), demeure pour moi un plaisir coupable auquel il m'arrive de succomber. Et j'irai même jusqu'à considérer leurs années 73-76 comme un âge d'or, qui contient son lot d'albums mémorables, comme mon préféré, "Sheer Heart Attack".
En conclusion, Queen, dans l'histoire du rock, ne fait peut-être pas le poids face aux Beatles, Dylan, Bowie ou autres Neil Young, mais reste à mon sens une excentricité - dans laquelle je me suis perdu un long moment - mais qu'on aurait tort de condamner trop sévèrement. Un groupe parfait pour non-initiés (ne voyez aucune méchanceté là-dedans) et qui offre ce que la plupart des gens attendent de la musique populaire (le constat est le même pour le cinéma) : un moment de distraction, d'entertainement. Ce que Mercury lui-même reconnaissait et assumait pleinement : "My songs are like Bic razors - for fun, for modern consumption. Disposable pop". Ou encore : "I like people to go away from a Queen show feeling fully entertained, having had a good time. I think Queen songs are pure escapism, like going to see a good film - after that, they can go away and say that was great, and go back to their problems. I don't want to change the world with our music". Ce rôle là, ils l'ont bien rempli. Pour ce qui est de la musique sérieuse, il en existe assez par ailleurs...
dimanche 15 novembre 2009
Two Nights at the Circus

Il serait absurde de vouloir mettre en compétition les deux performances, qui n'ont pas grand chose à voir musicalement. D'ailleurs je ne saurai les départager, vu qu'elles m'ont beaucoup plu toutes les deux, et pas forcément pour les mêmes raisons.
Les Grizzly Bear, dimanche, venaient défendre leur très plébiscité Veckatimest, leur album le plus ambitieux à ce jour, dont j'ai déjà parlé par ailleurs. Comment allaient-ils transposer en live les arrangements et les chœurs sophistiqués du disque ? Mes inquiétudes allaient vite être balayées : les gars savent y faire et on a assisté à une prestation à laquelle il y aurait très peu à redire, si ce n'est peut-être l'abus de reverb sur la voix d'Ed Droste (on n'entendait que la fin de ses phrases, ce qui n'était heureusement pas le cas chez Daniel Rossen).
Le lundi, il s'agissait par ailleurs du premier passage des Kings of Convenience par la Belgique, ce pays tellement insignifiant qu'il leur rappelle...la Norvège (dixit l'excellent Erlend Øye) ! Le duo venait lui aussi nous présenter ses nouveaux titres, issus du tant décrié Declaration of Dependance, que je continue de mon côté à défendre mordicus. Le concert se passe de manière très intimiste et en deux parties : les deux chanteurs s'accompagnant à la guitare au début, avant d'être rejoints par un violoniste et un contrebassiste. Et comme sur disque, ces deux versants se complètent parfaitement, et on ne s'ennuie pas une seule seconde.
Ceux qui ont déjà été au Cirque Royal savent que l'endroit est plus proche d'une salle de spectacle type théâtre qu'un lieu de concert proprement dit. On dirait aussi qu'il y règne une ambiance spéciale, de celles qui laissent présager qu'il va se passer quelque chose de particulier (comme j'aurais aimé y voir Arcade Fire ou Sigur Ros il y a quelques années...). Ces deux rendez-vous n'ont pas fait exception et on pouvait sentir une certaine magie dans l'air, même si elle s'est exprimée différemment. Pour résumer, les Grizzly ont tout donné et livré un concert impeccable musicalement. On ne pourrait donc leur reprocher que d'être

Tout ceci pour dire qu'un concert peut s'apprécier de différentes manières. Pour les premiers, la musique se ressent avec les tripes et nous électrise : on est emporté par le fait-même de ressentir en direct ces morceaux si prenants ("Ready Able" est un sommet dans le genre) et on en prend plein la tronche, pour le dire crument. Pour les seconds, on assiste à un tout autre phénomène : une salle de près de 2000 personnes qui assiste à une prestation pas moins intime que si on avait été une vingtaine, un sourire sur toutes les lèvres tant la communion avec les artistes est totale (on a été jusqu'à reprendre la partie de Feist sur "Know How" ou comment l'alchimie de deux artistes peut aussi s'étendre à son public). Et quand une spectatrice est invitée à danser avec Erlend sur "I'd rather dance with you", c'est comme si une partie de nous était également sur scène en train de vivre ce moment jubilatoire.
Tout est affaire de sensibilité mais pour le coup, on a le sentiment d'avoir vécu des moments uniques et qui dépassent l'impression mitigée, que l'on a trop souvent, d'avoir passé "un bon moment". Un concert c'est (ou ça devrait être) bien plus que cela...
En bonus : un autre écho (plus détaillé) du concert de Grizzly Bear par Emmanuel de "Des oreilles dans Babylone".
mercredi 4 novembre 2009
Sufjan : King of the Railroad

Alors comment appréhender cette dernière livraison ? On peut l'envisager, comme l'a fait Marc, par la musique seule. Toute la question est de savoir si celle-ci fonctionne sans son pendant visuel : j'aurais tendance à répondre par l'affirmative même si on n'a bien sûr pas affaire ici à la suite tant attendue d'Illinoise. On n'est cependant pas complétement dépaysé vu que les ambitions classiques et les arrangements osés de Sufjan nous étaient déjà connus, bien que cantonnés jusqu'ici à un format pop. Ici il met ses talents au service d'une mini-symphonie qui incorpore des éléments de musique classique, jazz et électronique : il revendique d'ailleurs des influences aussi diverses que George Gershwin, Terry Riley, Charles Ives ou encore Autechre. Sur papier, tout cela semble un peu improbable mais Sufjan s'en sort avec brio, surtout si l'on considère cette musique pour ce qu'elle est en fin de compte : une bande originale qui accompagne le film sur cette maudite autoroute, et qu'il a lui-même réalisé.
Ce n'est donc pas pour rien que Sufjan a inclus avec cette sortie le DVD du BQE, qui (dé)montre bien en quoi ce tronçon, qui relie le quartier du Queens à Brooklyn, est réellement une horreur. On comprend dès lors mieux où il veut en venir et en quoi la musique décrit de manière convaincante ce que peuvent ressentir ses usagers (c'est d'ailleurs assez oppressant par moments). Vu qu'il s'agit d'une œuvre purement formelle, je ne suis pas certain de revenir souvent sur ce

Finalement, l'objectif que l'on soupçonne et qui est de vouloir recréer la performance artistique de 2007 ne peut évidemment pas remplacer l'expérience de l'avoir vécue "en vrai". En effet on aurait bien sûr voulu être là pour entendre en live l'orchestre de 25 musiciens, s'étonner de la performance des "danseuses", admirer les costumes et expérimenter le film sur écran géant. A défaut on se contentera de l'objet proposé par Sufjan à qui on ne peut pas reprocher d'avoir fait les choses à moitié : il suffit de voir le packaging, qui réussit à transmettre assez fidèlement l'expérience du BQE dans toute sa laideur (renforcée encore par des lettrages complétement hideux). Celui-ci inclut également un disque avec des images 3D des Hooper Heroes (à défaut de pouvoir avoir les vraies?) mais que je n'ai pas encore pu expérimenter. A noter aussi qu'un livre est annoncé pour bientôt.
Un extrait offert par Asthmatic Kitty, où vous pouvez aussi commander l'objet et ses dérivés :
mercredi 21 octobre 2009
Dominique Au Botanique

Ce statut, le chanteur l'a défendu pendant 2 heures intenses, où les titres s'enchaînent sans temps mort. La performance est éblouissante, mon seul regret étant de ne pas mieux connaître son répertoire plus ancien (je n'ai découvert Dominique A qu'il y a 5 ans avec "Tout sera comme avant" ). Tant le silence du public lors des passages intimistes que les blagues bon enfant échangées lorsqu'il accorde sa guitare en disent long sur le respect et l'admiration des spectateurs face au musicien qui visiblement ne gâchait pas son plaisir. En configuration rock, Dominique A revisite la quasi (?) intégralité de son album sorti récemment (l'excellent "La Musique") ainsi que des titres plus anciens. Le public en redemande et le chanteur tiendra encore le micro pour deux rappels.
A l'heure où l'industrie musicale se vautre dans des plans mercantiles abjects qui en disent long sur son rapport à la musique, Dominique A est un exemple indispensable d'artiste qui a traversé les années en bâtissant une œuvre singulière et passionnante et qui a même réussi, de manière assez miraculeuse, à rallier à sa cause les amateurs de rock allergiques à la chanson française. Ne le ratez donc pas lors de sa tournée française et si vous en avez l'occasion, demandez-lui de repasser par la Belgique pour un concert dans des conditions plus confortables...
lundi 5 octobre 2009
Kings of Dependance

Je ne saurais pas mieux le résumer que Kris : la musique de Øye et Bøe est un cocon, une bulle où il fait bon se retirer, loin du bruit ambiant et du temps maussade de ce début d'automne. Intemporelle aussi par son épure qui laisse la place à l'essentiel : des mélodies douces-amères qui semblent souligner l'ambivalence des sentiments que l'on ressent parfois face au monde qui nous entoure et avec lequel on se sent de moins en moins en phase. En cela, le groupe nous apporte un brin de réconfort salutaire.
(plus disponible)
Un autre morceau sur l'excellent blog Au Bout Du Chemin.
Le groupe sera au Cirque Royal le 9 novembre mais l'album est disponible dès aujourd'hui notamment par ici.
mercredi 23 septembre 2009
Le come-back de Laura

Deux extraits sont néanmoins déjà disponibles si vous vous inscrivez sur la boutique de son label. Vu que c'est un peu fastidieux, je vous facilite les choses en vous proposant l'un des deux titres, qui constitue également la plage titulaire de cet album:
Et pour ceux qui n'auraient jamais entendu parler de Laura Veirs avant, un de ses plus beaux morceaux, tiré de "Year of Meteors":
Rendez-vous est donc pris en janvier prochain, avec on l'espère une tournée dans nos contrées...En attendant je ne saurais trop vous conseiller de vous (re)plonger dans l'indispensable "Carbon Glacier", qui reste à ce jour son disque le plus personnel, abouti et réussi.
PS : morceaux retirés sur demande du DMCA (alors que les liens étaient déjà expirés !)
mercredi 9 septembre 2009
Les madeleines (1) : les Classiques et Roger Hodgson
Mais ce matin-là, l'animateur eut la bonne idée de rediffuser une session de Roger Hodgson, (ancien chanteur et principal compositeur de Supertramp) qui était venu en 2000 faire la promo de son dernier album, "Open the Door". Je me rappelle avoir enregistré ces morceaux sur K7. On peut y ent

Roger Hodgson et son groupe, pourtant bien plus proche d'un Elton John qui aurait fait partie des Bee Gees que d'un John Lennon, ne me laissera pourtant jamais indifférent, ce qui n'est pas le cas de bien des groupes encensés du moment.
Deux extraits de cette session (une vidéo est également visible sur le site de la radio):
mardi 25 août 2009
Dolorean Vs Delorean
Il faut bien admettre que les deux groupes ne jouent pas vraiment dans la même cour. Si les Américains ont œuvré comme backing band de Damien Jurado et jouent une folk-pop teintée d'americana, les Barcelonais produisent quant à eux une électro-pop bien en vogue (ils sont en outre signés sur le label Fool House, créé par les responsables du blog Fluo Kids).
On imagine bien sûr les conséquences face aux amalgames possibles au vu de cette quasi-homonymie et il y a fort à parier que la loi du plus fort pousse Dolorean à changer de nom. Il ne faut cependant jurer de rien et peut-être que Delorean disparaitra aussi vite qu'il est apparu : qui veut prendre les paris ?
J'en profite en tout cas pour revenir sur le dernier album du groupe de Portland, le sublime "You Can't Win", que vous pouvez écouter en streaming et en intégralité ici (je vous renvoie également à la chronique de Thanu, qui m'a fait découvrir ce disque, à mon goût un des plus beaux de 2007).
Voici également l

Thank you for the CD which came last week. I listened to it in the car for the last 2 days. I noticed that you are experimenting with sound effects to compliment your music. I think the experiment was successful on the whole. (...) In my opinion the first song was out of sync with the rest of the disc. Perhaps it was intended that way. You might be aiming at a specific market of high tech fans for all I know. As for the remainder of the CD, I was thrilled. (...) I thought of Pink Floyd again and the Beach Boys on some of the harmonies but the material is still unique enough and original enough to stamp it as Delorean. In my opinion it is better than Pink Floyd because its more melodic. The sound effects were helpful on the later songs. They were not distracting but complimentary. The heart and soul of Delorean are the chord changes from tension to resolution; from dark to light; and the singers voice and lyrics create a mood of acceptance without despair or should I say disappointment without resignation. Dad
Meilleur que Pink Floyd donc et lui-même semble préférer le nom des Espagnols et de la célèbre voiture plutôt que le nom original du groupe.
Terminons-en quant à nous avec un extrait du disque, le sublime "We Winter Wrens" ou le genre de morceau que pourrait écrire Coldplay s'ils pouvaient faire preuve d'un peu de plus de pudeur et de retenue...
Acheter le disque sur le site du groupe
mercredi 12 août 2009
Clap your hands Gorillaz !

Ainsi, une chanson a atterri hier sur mon lecteur mp3 lors d'une lecture aléatoire et m'en a curieusement rappelé une autre. Quel rapport entre les deux ? C'est ce que je vais tâcher d'expliquer dans ce billet, qui sera peut-être l'occasion pour vous de découvrir deux excellents morceaux, ce qui vous en conviendrez ne gâche rien.
Gorillaz - Hong-Kong (plus disponible)
Clap Your Hands Say Yeah - Goodbye to Mother and the Cove (plus disponible)
En bref il se peut très bien que je sois le seul à rapprocher ces deux morceaux et que les considérations ci-dessus aient très peu de fondements réels mais je dois dire que je trouve cet exercice amusant, d'autant qu'il est plus difficile de déceler des similitudes dans ce genre de cas complétement aléatoire, plutôt que dans des morceaux où un plagiat ou une source d'inspiration ont été avérés. Si vous en avez d'autres dans le même style, n'hésitez pas à m'en faire part...
mardi 14 juillet 2009
Festival Les Ardentes : une chronique
Jeudi 09/07
J'arrive tardivement sur le site (vers 23h30), juste le temps de voir la seconde moitié du set de Mogwai. Toutes guitares dehors comme à leur habitude, un son énorme qui prend forcément aux tripes mais qui ne s'encombre pas de subtilités: c'est du lourd mais le public semble apprécier. Sans dire que le groupe a démérité, on se retrouve malgré nous à apprécier le silence après un tel déluge sonore.
10 minutes après (le temps de rejoindre la grande scène), et c'est Emiliana Torrini qui clôture la soirée sur la scène principale. Pour ceux qui comme moi l'ont vue sur scène auparavant (comme lors du formidable concert à l'Ancienne Belgique en février dernier), la déception est grande, avec une performance en demi-teinte et qui peine réellement à démarrer. Pas vraiment de la faute de l'Italo-Islandaise, mais plutôt une question d'environnement inadéquat : il est en effet très difficile de remplir l'espace sonore avec des chansons intimistes, principalement acoustiques, comme celles de son impeccable deuxième album, le très folk "Fisherman's Woman". Le public, dont visiblement une grande partie n'est là que pour entendre son hit "Jungle Drum" n'aidera pas non plus. Heureusement la seconde moitié du set fonctionnera mieux grâce à des morceaux plus orchestrés, qui passent plus facilement malgré la pluie qui s'abat sur la plaine liégeoise. On en ressort malgré tout mitigé, en se disant qu'elle vaut mieux que ça (et que sa robe plastique).
Après cela, on repasse encore, juste par curiosité, pour voir ce que le vétéran Grandmaster Flash a à nous proposer sur la scène intérieure : si on ne peut pas juger d'une performance en 5 minutes, je dois dire que j'ai préféré profiter de mon lit plutôt que d'entendre un mix enchainant "Song 2" de Blur à "Smells like Teen Spirit" de Nirvana, digne pour moi d'une boum d'anniversaire d'un jeunot de 16 ans...
Vendredi 10/07
Premier concert du jour : les !!!. Alors qu'ils étaient pour moi la grande claque du festival il y a deux ans, les "tchik tchik tchik" ont proposé un spectacle moins déjanté (la faute au départ d'un membre du groupe ?) mais qui avait le mérite de bien faire bouger le public, surtout dans les premiers rangs. Nic Offer, comme à son habitude, n'a pas lésiné sur les déhanchements et l'on a assisté à un bon concert même si on est un peu déçu de ne pas retrouver le grain de folie qui nous avait tant allumé la dernière fois.
On s'en va plus tard dans les halles pour assister à quelques prestations électro, si je ne me trompe pas, de South Central, The Subs et du très attendu Paul Kalbrenner. L'électro, ce n'est pas vraiment mon domaine mais des trois, c'est surtout le dernier qui me semble-t-il a réussi à faire danser la foule.
Retour à l'extérieur pour assister au concert de Q-Tip (ancien A Tribe called Quest pour les connaisseurs), qui, backé par un vrai band, a proposé un hip hop bouillonnant et qui se révèlera être la bonne surprise de la journée.
Après, c'était au tour de Gossip de clôturer cette journée sur la grande scène. OK Beth Ditto se donne à fond (pas de doutes là-dessus), OK elle chante avec ses tripes (ce qui peut irriter un peu à la longue) mais les morceaux se suivent et se ressemblent, jusqu'au final, qui comprend les deux hits du groupe : "Standing in the way of Control" et le dernier single, "Heavy Cross", qui mettent réellement le feu. De deux choses l'une: soit ces morceaux sont les seuls qui sortent réellement du lot, soit ce concert fut la démonstration qu'un matraquage radio peut porter ses fruits en donnant l'illusion que ces titres sont formidables alors qu'ils sont au fond aussi interchangeables que les précédents. Si quelqu'un connaît leurs albums et peut m'éclairer, il est le bienvenu...
Samedi 11/07
DAY OFF :-)
Dimanche 12/07
Cette fois-ci on se lève tôt (et on aurait tort de traîner, l'affiche du dimanche aux Ardentes étant généralement la plus intéressante) et on arrive presqu'à l'heure pour le revenant Rodriguez (dont je vous ai parlé précédemment), qui semblait plutôt en forme (et qui, comme dirait l'autre, "n'avait apparemment pas bu que de l'eau"). Le groupe qui l'entoure semble plutôt jeune (dans les 35-40 ans) mais parvient à produire ce son vintage et psyché qui sied si bien au chanteur, tout en rajoutant un peu de peps. Le vieux briscard, heureux d'être là et habillé tout de noir, interprète les plus beaux titres de son répertoire (dont une longue version du fameux "Sugar Man"), en les ponctuant de blagues pas toujours très compréhensibles. Après un rappel où il nous interprète "I'm going to live" (until I die) en acoustique, on se dit qu'on y compte bien et on espère également qu'il repassera bientôt dans le coin pour un concert complet.
S'en suit un peu plus tard un autre vétéran, l'Ethiopien Mulatu Astatke, accompagné par le collectif The Heliocentrics. Pas vraiment une surprise pour moi, vu que je les ai vus il y a quelques mois à Gand pour un concert qui devait au moins faire 3h (et qui valait franchement la peine), j'ai de nouveau été ébloui par le son généreux et prenant déployé par le groupe, comme semblait également l'être le public.
Je n'oserais pas après vous narrer la prestation de la navrante Gabriella Cilmi, qui s'est époumonée tant bien que mal sur la scène extérieure, et qui hormis un tube est contrainte de meubler son set par des reprises (dont une passable de Justin Timberlake et une affreuse de "Me and Bobby McGee", le classique popularisé par Janis Joplin).
Le temps de boire un verre et c'est le trio Peter, Bjorn & John qui débarque sur la même scène. Ils livrent une belle prestation et le chanteur (je ne saurais pas dire qui est qui) a de l'énergie à revendre. Quant à la musique proprement dite, on est face à de la pop souvent down-tempo, ce qui peut expliquer en partie la relative apathie de l'audience. Un autre élément d'explication vient certainement de la méconnaissance du répertoire du groupe, qui hormis "Young Folks", ne possède pas beaucoup de tubes proprements dits. Dommage ceci dit, à l'écoute d'un titre tel qu'"Amsterdam" et d'autres encore qui m'ont semblé pas mal du tout et qu'il faudrait que j'approfondisse un jour.
Vu le retard pris dans la salle, j'arrive juste à temps pour profiter de la performance d'Alela Diane, qui enchante décidément toujours autant, malgré ses cheveux courts, son toujours très démonstratif bassiste et la petite touche d'humour qui semble malheureusement avoir disparu de ses spectacles. Mais il faudrait être de mauvaise foi pour critiquer une telle voix, qui en plus d'imposer naturellement le silence sur les titres les plus dénudés, nous emporte loin et dont on se demande si elle pourra lasser un jour. Rideau après 40 minutes et on se dit qu'on serait vraiment resté sur notre faim si on ne l'avait pas déjà vue quelque fois auparavant.
Dehors ce sont les Cold War Kids qui ont pris le relais pour un set solide. On regarde malheureusement un peu de loin, ce qui n'est pas rendre service à cette musique plus exigeante que la moyenne mais qui impressionne certainement.
Et on l'avoue, le dernier concert auquel on assistera sera celui de Julien Doré (aïe!). Si je dois dire que je n'ai jamais été fan du garçon, il faut reconnaitre qu'il sait se défendre sur scène et que face à un public conquis (ce qui devait certainement être le cas), on assiste à un spectacle pas déplaisant. Là où le bât blesse à mon avis, c'est au niveau du répertoire : les titres laissent indifférents (hormis "Les Limites" qui reste en tête, bien qu'on préfèrerait l'oublier). Par contre le groupe qui l'accompagne sait jouer et ça s'entend par exemple lors du duo rythmé avec Coeur de Pirate (celle de "Comme des enfants", un autre titre qu'on aimerait oublier mais là je m'éloigne...) bien que ça semble un peu facile, le morceau se résumant à une répétition d'une même phrase sur quelques accords. Il a aussi le culot de finir sur un instrumental bien senti, qui nous laisse penser que le chanteur a bien plusieurs cordes à son arc mais qu'à force de faire le grand écart entre les genres, on a bien du mal à se positionner par-rapport à cette musique qui part dans tous les sens, avec comme centre de gravité le personnage de Julien Doré, un schizophrène qui ne sait pas toujours bien où il met les pieds...et finalement nous non plus.
En résumé, un bon festival, sans claque ni découverte majeure mais avec pas mal de bons moments.
D'autres échos et des illustrations par là :
samedi 27 juin 2009
French Bowie

Bien que David Bowie n'aie plus vraiment d'actualité depuis quelques années (son dernier album, "Reality", date déjà de 2003), rien ne nous empêche de l'aborder sur ce blog sous un angle un peu particulier, en l'occurrence son rapport à la chanson française, sans prétention d'exhaustivité.
Comme ça se faisait encore à l'époque, Bowie a repris quelques-uns de ses classiques en langue étrangère. Il existe par exemple une version italienne de "Space Oddity", intitulée "Ragazzo Solo, Ragazza Sola", transformant ainsi l'épopée du Major Tom en une histoire d'amour). Et comme vous l'avez vu en illustration de ce billet, le titre "Heroes" n'a pas seulement eu les honneurs d'une version allemande, (ce qui fut également le cas pour le titre "Love you 'till tuesday") mais également d'une variante française, plus méconnue, que je vous livre ici:
Inversons maintenant le processus, avec une relecture d'une chanson française par Bowie himself. Ce ne sera pas une découverte pour la plupart d’entre vous : en 1973, le chanteur reprenait « Amsterdam » de Jacques Brel en face B de son single « Sorrow » (à voir : le clip où figure cette chère Amanda Lear). Le morceau original (dont il n'existe pas de version studio apparemment) bénéficiait d’une instrumentation plutôt luxuriante et qui allait crescendo, de l'introduction à l'accordéon au final orchestral. Scott Walker l'avait reprise également sur son premier album dans une adaptation assez fidèle à celle de Brel.
Plus réussie, cette version de Gérard Palaprat de "Space Oddity", intitulée « Un homme a disparu dans le ciel ». Bien sûr le morceau n'échappe pas au kitsch (les paroles supportent mal la traduction et le chant, surtout dans la première partie, irrite un peu) mais je lui tire mon chapeau pour le travail effectué, comme le décompte introductif en russe ou encore le solo de guitare final épique, chose somme toute assez rare dans la variété française. En résumé, un petit bijou méconnu qui mérite certainement d'être découvert et réhabilité, au premier comme au second degré.
PS: Je m'en voudrais, bien que ce soit un peu hors-sujet, de ne pas évoquer le meilleur medley de Bowie, qui ne contient pourtant aucune de ses chansons originales : j'ai nommé le fameux "Bowie's in Space" des Flights of the Conchords, à voir en images ici.
PS2: en prolongement de ce post, le blog It's Only Rock'n Roll...But I Like It évoque les premiers contacts de Bowie avec les Français, avec en prime une interview assez maladroite du Thin White Duke par...Michel Drucker! A lire ici.
dimanche 21 juin 2009
Dans les chaussures de Shane Meadows...
Non seulement le genre existe toujours mais il semble même connaître un second souffle ces dernières années. Il y a d'une part les vétérans, dont certains sont toujours actifs : on pense bien sûr à Ken Loach qui nous a gratifié ces dernières années de quelques films marquants, tels que « The Wind that shakes the Barley » (« Le vent se lève ») ou très récemment « Looking for Eric », une fable qui mélange avec justesse humour et critique sociale, dotée d'un final jouissif comme on n'en avait plus vu depuis longtemps au cinéma. Et puis il y a la nouvelle génération, avec en tête de file de ce phénomène de renaissance du film social à l'anglaise, le réalisateur Shane Meadows. Je n'ai pas vu tous ses films mais son dernier, « This is England », qui évoquait l'histoire d'un jeune garçon enrôle par les Skinheads, m'avait fait forte impression. Cette semaine c'est par hasard que je suis tombé sur « Dead Man's Shoes », un film qu'il a réalisé en 2004. Je ne suis même pas sûr qu'il ait été programmé sur nos écrans à l'époque mais sa sortie ce mois-ci en DVD nous donne une bonne occasion d'en parler, et de se rattraper.
Pour ne pas gâcher l'effet de surprise, disons simplement que l'on suit la quête d'un ancien soldat, revenu dans son village d'enfance après de nombreuses années pour se venger...mais de quoi ?
Comme pour « This is England », le réalisateur a opté pour un tournage proche du genre documentaire : la région des Midlands y est dépeinte de très belle manière et Meadows parvient à sublimer des paysages et des villages très désolants à la base. Il privilégie également dans ses films des acteurs non-professionnels ce qui lui permet de compter sur une plus grande spontanéité de leur part, voire de jouer sur l'improvisation lors de ses tournages (quelques indications sur son cinéma dans cette interview). Quant à la trame du film, a priori assez classique, elle se révélera bien moins linéaire qu'il n'y paraît...
Pourquoi parler cinéma sur un blog voué à la musique me demanderez-vous? Tout simplement parce que la bande son du film est elle aussi exceptionnelle, avec des morceaux de Smog, Bonnie Prince Billy, Gravenhurst...ou encore Aphex Twin et Laurent Garnier. Une sélection, publiée chez Warp, qui laisse indéniablement autant de traces que les images du film et qui nous prouve une nouvelle fois le bon goût du réalisateur. Difficile de faire une sélection (on aurait pu retenir les instrumentaux de Calexico - « Untitled 2&3 » - thèmes récurrents du film), mais je vais choisir de faire simple avec le générique de fin, un titre on ne peut plus approprié de M.Ward :
M.Ward – Dead Man (plus disponible)
Quant à mon autre choix il s'agit simplement d'une découverte que j'ai faite grâce à Shane Meadows : le groupe Clayhill, plutôt inconnu de ce côté-ci de la Manche :
Clayhill – Afterlight (plus disponible)
Et je ne résiste pas au passage de vous livrer un autre de leurs titres en bonus, déjà présent sur la BO de « This is England », et qui est une très belle reprise de ce classique des Smiths :
Clayhill – Please, Please, Please, Let me get what I want (plus disponible)
Meadows sortira fin juillet un nouveau film, « Shames Town », une comédie prometteuse à en juger par sa bande-annonce.
Quatre de ses films sont repris dans ce coffret, qui me semble tout à fait incontournable (et que personnellement je ne vais pas tarder à commander !).
mardi 9 juin 2009
Trio gagnant
Il y a néanmoins un revers à cette médaille : le sentiment coupable de passer à côté de nouveautés intéressantes dont il est question dans les magazines musicaux (le toujours très recommandable Rif Raf par exemple : gratuit en pdf!) et plus généralement dans les blogs et webzines. Si je suis toujours à l'affut des nouveautés intéressantes, je peux difficilement affirmer être à la pointe en ce qui concerne les dernières sorties. Je reste d'ailleurs toujours fasciné par la capacité de digestion musicale de certaines personnes alors que je ne parviens quant à moi qu'à me plonger que dans quelques nouveautés tous les mois.
Comme vous pouvez le voir ci-contre, quelques disques récents se sont tout de même imposés à moi dernièrement. Vu que je me sens un peu trop paresseux que pour pondre un long billet sur ces disques de manière individuelle, je vais tenter de m'en tenir à quelques lignes qui reflètent mon avis général sur ceux-ci. J'y joins, comme d'habitude, des liens vers des chroniques bien plus exhaustives que moi à leur sujet.
La troisième marche de mon top personnel est occupée par Rodriguez pour un disque qui nous arrive avec un peu de retard (37 ans tout de même!). Passé encore plus inaperçu à l'époque que son indispensable « Cold Facts », « Coming from Reality » est le second et ultime album du troubadour. Si ce disque est hautement recommandé aux fans de son premier essai, les autres auront plutôt intérêt à faire l'apprentissage dans l'ordre. On n'y retrouve malheureusement plus de classiques instantanés comme l'était « Sugar Man » bien que les morceaux soient solides pour la plupart, explorant le meilleur de ce que la fin des sixties pouvait nous proposer en matière de folk ou de pop psychédélique. A noter aussi que le disque contient 3 titres supplémentaires et un livret très complet, comme les autres rééditions de l'impeccable label Light in the Attic, qui nous offre également un extrait du disque:
Rodriguez - Heikki's Suburbia Bus Tour

En 2, je me dois d'évoquer le cas de Jason Lytle, la force créative derrière les regrettés Grandaddy, un groupe qui avait le chic l'air de rien de trousser de sacrés morceaux qui font date aujourd'hui dans le petit monde de la pop indé. Monsieur Lytle a attendu 4 ans quant à lui pour nous revenir en musique, avec cet album intitulé « Yours,Truly, the Great Commuter ». Ce retour se révèle discret mais plutôt gagnant à mon goût. Teinté de mélancolie, le disque contient quelques pépites qui raviront les fans d'antan mais qui devraient également pouvoir en convertir d'autres tant l'ensemble se révèle lumineux. S'il n'évite pas quelques écueils (« Brand New Sun » : le genre de morceau déjà entendu en mieux, « It's the weekend » : une rengaine débile chantée sur une guitare saturée et un riff de synthé horripilant) , j'avoue me laisser prendre au jeu de la voix si caractéristique du bonhomme et à ses arrangements quelques peu kitsch (remember ELO?) avec beaucoup de bonheur. Un disque sans prétention mais qui devrait ravir vos oreilles printanières.
4 autres chroniques de cet album sur ce chouette site.
Recommandation personnelle : ce qui marche très bien sur disque peut se révéler d'un ennui profond sur scène : je ne pense pas que les spectateurs qui ont assisté au concert de Jason Lytle il y a quelques semaines au Botanique me démentiront.
Une chanson ici:
Jason Lytle - Ghost of my Old Dog (plus disponible)

En haut du tableau, le grand méchant ours: j'ai nommé Grizzy Bear !!! Grand grand disque, que dire d'autre? Plus abouti que le déjà bien foutu « Yellow House », on ne peut pas reprocher grand chose à un album de cette trempe, sinon qu'il lui manque peut-être un titre de la grandeur de « Knife », qui reste à mon goût un des meilleurs morceaux de cette décennie. Voilà un groupe qui sait faire preuve d'inventivité, ose expérimenter tout en réussissant à rester accessible et qui parvient par moment à tutoyer la grâce comme pouvaient le faire les Beach Boys des grands jours (« Two Weeks »). J'ai lu que "Veckatimest" était un peu leur « Ok Computer », il est un peu tôt pour le dire mais il faut lui reconnaître des qualités qui lui donnent une bonne longueur d'avance pour le titre de « meilleur album de l'année ».
Quelques avis en vrac et un titre sur le site du groupe:
Pour faire votre shopping :
Rodriguez - Coming from Reality
Jason Lytle - Yours Truly, the Commuter
Grizzly Bear - Veckatimest
mercredi 27 mai 2009
Parenthèse dessinée
Tout cela pour dire que moi aussi, comme tout bon blogueur égomaniaque et narcissique qui se respecte, j'ai voulu voir ce que ça allait donner pour mon blog. Et surprise, j'obtiens comme premier résultat un très beau dessin, titré "Feathered Breaths", qui partage la même source d'inspiration que le titre de ce blog. Le voici :

Quant à moi je vous promets un retour en musique très bientôt.
Update: pas si anonyme que ça, merci Cécile donc :)
mardi 19 mai 2009
Gonzales (part 2) : Record battu / Flash-Back en Noir & Blanc

Comme promis, un petit retour sur "Solo Piano", un disque sorti il y a 5 ans déjà...
"16 thèmes au piano, accompagnement main gauche, mélodie main droite. On dit que le piano est l’instrument qui permet de suggérer le plus grand nombre de couleurs, il est pourtant noir et blanc, comme un vieux film muet. Fixant mes deux mains du regard, j’imagine que chaque pièce est une ombre chinoise se déployant sur un mur."
Gonzales

Chaque titre de ce disque est une petite friandise, au nom délicieux ("Carnivalse", "Gentle Threat", "One Note at the Time") qui se laisse déguster à toute heure du jour ou de la nuit, et dans n'importe quelles conditions. Gonzales, qui aime brouiller les pistes, ne choisit jamais réellement entre classique, jazz et pop, ce qui nous donne une musique trop intelligente que pour servir d'arrière-fond sonore (contrairement aux horripilantes compiles "lounge") et qui captive l'oreille dès la première écoute.
Finalement le public auquel cet album semble le mieux convenir est tout trouvé: les bébés. Si je n'ai pas pu le constater par moi-même, d'autres ont pu le vérifier avec succès : ces morceaux constituent des berceuses idéales.
Rassurez-vous cependant, "Piano Solo" n'est pas soporifique, loin de là. D'ailleurs, rien que sa sonorité est passionnante : on a réellement l'impression que le pianiste joue à côté de nous et on entend jusqu'au frottement des doigts sur les touches.
Je me rappelle également avoir lu qu'on pouvait penser cet album comme une "bande-son d'un film muet imaginaire", ce qui je trouve aurait constitué un beau sous-titre.
Deux morceaux ici :
L'album est en vente sur le site du label No Format.
samedi 16 mai 2009
Gonzales (part 1) : en route pour le record ?

Un article du Guardian nous en apprend un peu plus sur les préparations physiques suivies par notre homme afin d'atteindre son objectif. Le musicien y explique notamment qu'il compte sur l'acupuncture pour ménager ses doigts (essentiels pour un pianiste, cela va de soi) et qu'il va se nourrir de bons sucres pour tenir le coup (contenus notamment dans la myrtille nous apprend son nutritionniste).
Il explique aussi sa motivation par sa conception des concerts, qui tiennent selon lui autant d'une performance sportive que d'une prestation artistique. Ce qu'on peut comprendre en regardant ces quelques vidéos qui donnent une idée de ce que l'homme est capable sur scène et où l'on retrouve une part non négligeable de one-man-show. Gonzales a également promis de ne pas jouer deux fois le même morceau et a préparé pour cela une liste de 300 titres qui devraient couvrir tous les styles musicaux.
Cerise (ou myrtille) sur le gâteau: on pourra suivre en direct le (bon) déroulement de son épopée en streaming : à ne pas rater bien sûr !!!
dimanche 10 mai 2009
Un groupe qui fait du bien !
Pour revenir au concert de vendredi, le public était obligé de choisir entre Metric ou Get Well Soon, programmés au même moment. Il faut croire que la majeure partie des troupes a préféré (à tort certainement) les plus hypes Canadiens, tandis que Konstantine Gropper et sa troupe mettaient tout le monde d'accord dans l'Orangerie.
Ca commence très fort avec "Prelude", titre qui ouvre également leur album. On est tout de suite emporté par ce morceau fédérateur, parfaite introduction comme peut l'être "Glosoli" de Sigur Ros, dans un genre pas très éloigné. S'en suit un set solide durant lequel les musiciens revisiteront leur album de manière magistrale. Le chant est lyrique et rappelle Tom Yorke alors que la musique nous fait voyager dans tout ce que la musique pop (au sens noble du terme) nous a offert de mieux ces dernières années (de Divine Comedy à Arcade Fire, en passant par Radiohead ou Calexico).
Caché derrière sa mèche, le chanteur se permet même d'interpréter la fin d'un morceau sans amplification : le silence se fait et la magie opère tout naturellement.
Le concert se termine en crescendo et l'on se dit qu'on est face à un groupe qui compte : inventif, ambitieux et magistral en concert.
Un autre avis sur ce concert ici.
Et une piqure de rappel avec le géant "If This Hat Is Missing I Have Gone Hunting" (plus disponible)
L'album est disponible ici : pour 10€, un investissement qui vaut assurément le coup!
samedi 2 mai 2009
No Doubt : un retour qui laisse sans voix
Si je n'ai pas très envie de vous parler de l'horrible reprise de Talk Talk - la raison pour laquelle les radios branchées rock jeune la diffusent toujours autant d'années plus tard alors que l'originale est mille fois mieux me dépassera toujours - on va s'attarder un peu sur ce qui reste leur plus grand tube: Don't Speak, un titre qui a marqué les esprits des ados, voire des plus jeunes lors de sa sortie en 1996.
Pour ma part, j'avais 11 ans et je me rappelle bien être tombé un peu amoureux de cette jolie demoiselle en

Mais revenons à la performance d'hier soir qui m'a inspiré plusieurs réflexions:
- Quel look formidable: moi aussi je veux une tenue noire et blanche comme ça et qui est du meilleur effet avec les coiffures péroxydées (d'ailleurs tout le monde est blond dans la famille)
- En principe, No Doubt = 4 musiciens, mais sur scène on en compte 2 supplémentaires : il est vrai que ce n'est pas du luxe lorsque l'on doit reproduire en live de la musique aussi élaborée
- Lorsqu'on leur demande pourquoi ils repartent en tournée, ils répondent grosso modo qu'ils ont besoin de se retrouver entre eux ainsi qu'avec leurs fans et que ce processus devrait les inspirer pour écrire de nouveaux morceaux. Je pense qu'ils auraient aussi bien pu dire qu'is n'avaient aucune idée pour faire un nouvel album et qu'une tournée avec les anciens morceaux, ça remplit le portefeuille sans trop devoir se prendre la tête (à propos, si vous avez toujours voulu connaître la vérité derrière les déclarations toutes faites des musiciens, je vous conseille cette lecture chez GT)
- La bonne surprise : Gwen ne chante pas si mal, on aurait pu craindre bien pire (elle oublie toutefois à un moment les paroles de "It's my life" et ça vaut son pesant de cacahuètes)
- Les fans de No Doubt ont l'air contents d'être là, même si leur priorité absolue reste d'apparaître à l'écran. On aurait bien aimé dans ces moments que la caméra de Yann Barthès traîne par là pour recueillir quelques impressions
- La guitare espagnole pour le solo est fixée sur un support had-hoc, ce qui permet au guitariste de ne pas devoir perdre de temps à troquer son électrique au moment crucial. Je dois dire que je n'avais jamais vu ça auparavant: ce groupe aurait-il finalement inventé quelque chose?