lundi 5 octobre 2009

Kings of Dependance

Vous n'êtes pas sans le savoir, le duo Kings of Convenience nous revient enfin, après 5 ans d'absence, avec un nouvel album judicieusement intitulé "Declaration of Dependance". Au-delà du revival folk avec lequel on nous bassine depuis quelques temps déjà (et qu'ils ont d'ailleurs contribué à amorcer avec leur premier disque "Quiet is the New Loud"), les Norvégiens continuent leur bout de chemin comme si le temps n'avait pas d'emprise sur eux, et à vrai dire on ne leur en demande pas davantage.

Je ne saurais pas mieux le résumer que Kris : la musique de Øye et Bøe est un cocon, une bulle où il fait bon se retirer, loin du bruit ambiant et du temps maussade de ce début d'automne. Intemporelle aussi par son épure qui laisse la place à l'essentiel : des mélodies douces-amères qui semblent souligner l'ambivalence des sentiments que l'on ressent parfois face au monde qui nous entoure et avec lequel on se sent de moins en moins en phase. En cela, le groupe nous apporte un brin de réconfort salutaire.

"I have no cards to play and that's why
I've got nothing to say tonight"


Un autre morceau sur l'excellent blog Au Bout Du Chemin.

Le groupe sera au Cirque Royal le 9 novembre mais l'album est disponible dès aujourd'hui notamment par ici.

mercredi 23 septembre 2009

Le come-back de Laura

Cette pochette, pour le moins énigmatique, sera celle du nouvel album de la charmante Laura Veirs, dont on avait peu de nouvelles depuis la sortie de son dernier opus, qui date déjà de 2007. Son successeur, "July Flame" (un nom inspiré d'une variété de pêche, l'histoire est ici), est quant à lui prévu pour janvier 2010, une période de gestation plutôt longue pour la demoiselle de Seattle qui nous avait habitué au début de sa carrière à un rythme de sortie bien plus soutenu, vu qu'elle nous gratifiait presque d'une nouvelle livraison chaque année.
Deux extraits sont néanmoins déjà disponibles si vous vous inscrivez sur la boutique de son label. Vu que c'est un peu fastidieux, je vous facilite les choses en vous proposant l'un des deux titres, qui constitue également la plage titulaire de cet album:

Morceau retiré

Une mise-en-bouche plutôt appétissante donc (déjà rien que le plaisir de réentendre cette voix et ces arrangements si caractéristiques) et qui nous donne envie de répondre à son refrain : "Yes, you can call me mine!".
Et pour ceux qui n'auraient jamais entendu parler de Laura Veirs avant, un de ses plus beaux morceaux, tiré de "Year of Meteors":

Morceau retiré

Rendez-vous est donc pris en janvier prochain, avec on l'espère une tournée dans nos contrées...En attendant je ne saurais trop vous conseiller de vous (re)plonger dans l'indispensable "Carbon Glacier", qui reste à ce jour son disque le plus personnel, abouti et réussi.

PS : morceaux retirés sur demande du DMCA (alors que les liens étaient déjà expirés !)

mercredi 9 septembre 2009

Les madeleines (1) : les Classiques et Roger Hodgson

Premier épisode d'une série "flash-back" sur ces musiques, pas forcément recommandables, qui ont fait notre jeunesse et qui si aujourd'hui rencontrent très rarement notre platine, peuvent cependant difficilement être totalement reniées.

Dimanche matin, un peu malade et à la recherche d'un soupçon de réconfort dans un bain bien chaud, je mets la radio de la salle-de-bains sur Classic 21, où Marc Ysaye tient son émission hebdomadaire ("Les Classiques"), qui s'efforce chaque semaine depuis une vingtaine d'années de présenter, pour le meilleur (parfois) ou pour le pire (souvent) toutes les musiques qui peuvent selon lui tomber sous la bannière "Classic Rock", une notion assez bizarre qui regroupe aussi bien Genesis que les Sex Pistols, ou encore les Beatles que Toto. Ça part donc dans tous les sens et il faut constater qu'on on y retrouve grosso modo tous les artistes qui ont fait leurs preuves au sens économique du terme : les rockeurs qui ont eu du succès y sont "adoubés", ceci indépendamment de la qualité de leur musique, les autres n'ayant pour ainsi dire pas droit de cité (a-t-on déjà entendu le Velvet ou Joy Division dans les Classiques?) Cette émission, bien que fondée sur des bases un peu vaseuses, me fascine toujours tant cette conception de "rock institutionnalisé" tient peu la route...

Mais ce matin-là, l'animateur eut la bonne idée de rediffuser une session de Roger Hodgson, (ancien chanteur et principal compositeur de Supertramp) qui était venu en 2000 faire la promo de son dernier album, "Open the Door". Je me rappelle avoir enregistré ces morceaux sur K7. On peut y entendre le chanteur, seul au piano ou à la guitare, interpréter quelques-uns de ses plus grands tubes : redécouvrir les chansons comme ça, 9 ans après, et se rendre compte qu'on en connait encore tous les détails, c'est un sentiment assez spécial. Il faut dire qu'à l'époque avec quelques copains on considérait les membres de Supertramp comme des musiciens vachement doués vu tous les instruments qu'ils maitrisaient et qu'on ne retrouvait pas vraiment chez les autres groupes qui avaient nos faveurs (il aurait pourtant suffi d'écouter les Beatles...), comme si l'harmonica ou le saxophone saupoudrés ci et là constituaient une performance technique majeure. Mais comme Queen (j'y reviendrai sans aucune doute), ils étaient également capables de composer de longs morceaux, un autre critère qui les distinguait selon nous des groupes lambda. Ce n'était donc pas les claviers horripilants ou les paroles naïves qui allaient nous arrêter.

Roger Hodgson et son groupe, pourtant bien plus proche d'un Elton John qui aurait fait partie des Bee Gees que d'un John Lennon, ne me laissera pourtant jamais indifférent, ce qui n'est pas le cas de bien des groupes encensés du moment.

Deux extraits de cette session (une vidéo est également visible sur le site de la radio):

Roger Hodgson - Take The Long Way Home (plus disponible)

Dont un morceau paru sur son dernier album:

Roger Hodgson - The More I Look (plus disponible)

Ces 26 et 27 septembre, Roger Hodgson sera au Cirque Royal de Bruxelles pour des concerts qu'il devrait assurer seul, comme il y a 9 ans pour cette session. Les places coutent de 40 à 70€. Un peu cher. Dommage finalement...

mardi 25 août 2009

Dolorean Vs Delorean

Que se passe-t-il lorsqu'un groupe méconnu (Dolorean) se voit, à peu de choses près, voler/emprunter (biffer la mention inutile) son nom par un groupe nettement plus hype (Delorean) ? Alors que le premier ne récolte que 10 000 visites sur son MySpace, on peut en compter plus de 500 000 chez le second.
Il faut bien admettre que les deux groupes ne jouent pas vraiment dans la même cour. Si les Américains ont œuvré comme backing band de Damien Jurado et jouent une folk-pop teintée d'americana, les Barcelonais produisent quant à eux une électro-pop bien en vogue (ils sont en outre signés sur le label Fool House, créé par les responsables du blog Fluo Kids).
On imagine bien sûr les conséquences face aux amalgames possibles au vu de cette quasi-homonymie et il y a fort à parier que la loi du plus fort pousse Dolorean à changer de nom. Il ne faut cependant jurer de rien et peut-être que Delorean disparaitra aussi vite qu'il est apparu : qui veut prendre les paris ?
J'en profite en tout cas pour revenir sur le dernier album du groupe de Portland, le sublime "You Can't Win", que vous pouvez écouter en streaming et en intégralité ici (je vous renvoie également à la chronique d
e Thanu, qui m'a fait découvrir ce disque, à mon goût un des plus beaux de 2007).

Voici également l
'avis, éclairant, du papa d'un des membres du groupe sur l'album en question:
Thank you for the CD which came last week. I listened to it in the car for the last 2 days. I noticed that you are experimenting with sound effects to compliment your music. I think the experiment was successful on the whole. (...) In my opinion the first song was out of sync with the rest of the disc. Perhaps it was intended that way. You might be aiming at a specific market of high tech fans for all I know. As for the remainder of the CD, I was thrilled. (...) I thought of Pink Floyd again and the Beach Boys on some of the harmonies but the material is still unique enough and original enough to stamp it as Delorean. In my opinion it is better than Pink Floyd because its more melodic. The sound effects were helpful on the later songs. They were not distracting but complimentary. The heart and soul of Delorean are the chord changes from tension to resolution; from dark to light; and the singers voice and lyrics create a mood of acceptance without despair or should I say disappointment without resignation. Dad
Meilleur que Pink Floyd donc et lui-même semble préférer le nom des Espagnols et de la célèbre voiture plutôt que le nom original du groupe.
Terminons-en quant à nous avec un extrait du disque, le sublime "We Winter Wrens" ou le genre de morceau que pourrait écrire Coldplay s'ils pouvaient faire preuve d'un peu de plus de pudeur et de retenue...

Dolorean - We Winter Wrens (plus disponible)

Acheter le disque sur le site du groupe

mercredi 12 août 2009

Clap your hands Gorillaz !

De retour de vacances, je me suis dit qu'il serait temps de penser un peu à ce blog qui a pris un rythme de croisière bien lent si on le compare à d'autres du genre. Soit, je n'ai pas d'excuses à donner, si ce n'est que je préfère écrire de manière spontanée, c'est-à-dire que je n'ai pas très envie de me creuser la tête afin de trouver absolument un sujet de peur que le blog ne soit pas alimenté assez régulièrement. Rien ne vaut donc une idée venue par hasard et qui finit par s'imposer d'elle-même.
Ainsi, une chanson a atterri hier sur mon lecteur mp3 lors d'une lecture aléatoire et m'en a curieusement rappelé une autre. Quel rapport entre les deux ? C'est ce que je vais tâcher d'expliquer dans ce billet, qui sera peut-être l'occasion pour vous de découvrir deux excellents morceaux, ce qui vous en conviendrez ne gâche rien.

Gorillaz - Hong-Kong (plus disponible)

Évidemment, ce morceau est à mille lieues de ce que le (faux) groupe hip hop nous a habitués. C'est du pur Damon Albarn, tendance "world music", avec cette classe naturelle que beaucoup doivent lui envier. Le titre était déjà sorti sur la compile caritative "Help : A Day in a Life" mais s'est également retrouvé sur un disque de face b de Gorillaz, intitulé "D-Sides". Accompagné notamment d'un gunzhneg, un instrument à cordes chinois aux sonorités envoûtantes, Damon Albarn nous emmène pour une magnifique complainte, portée par sa voix fragile et lumineuse. On pense bien sûr à "Out of Time" de Blur, en plus atmosphérique et planant. Un morceau comme on en entend peu, à voir aussi en live, dans une version superbe en tous points.

Clap Your Hands Say Yeah - Goodbye to Mother and the Cove (plus disponible)

Extrait du deuxième album de CYHSY, le un peu foutrarque "Some Loud Thunder", ce morceau est à mon goût le plus remarquable de ce disque qui en a dérouté plus d'un. Il débute par un arpège électronique et métronomique qui semble effectuer la jonction entre les accords de "Hong-Kong" et sa rythmique, constituée justement d'un simple métronome. Quelques notes de guitare électrique se font également entendre, comme des lointains échos du fameux guzhneg. Enfin, un sentiment mélancolique se dégage du chant d'Alec Ounsworth, un point commun avec "Hong-Kong", bien que sa voix n'ait pas grand chose en commun avec celle d'Albarn. Le final est néanmoins plus enlevé, avec une batterie qui se fait martiale, un chant de plus en plus menaçant et une intensité qui va crescendo, a contrario du long final instrumental du premier morceau.

En bref il se peut très bien que je sois le seul à rapprocher ces deux morceaux et que les considérations ci-dessus aient très peu de fondements réels mais je dois dire que je trouve cet exercice amusant, d'autant qu'il est plus difficile de déceler des similitudes dans ce genre de cas complétement aléatoire, plutôt que dans des morceaux où un plagiat ou une source d'inspiration ont été avérés. Si vous en avez d'autres dans le même style, n'hésitez pas à m'en faire part...

mardi 14 juillet 2009

Festival Les Ardentes : une chronique

Avec l'été se profile la saison des festivals. Premier arrêt: la quatrième édition des "Ardentes" à Liège, dont je vous livre mes impressions (que j'ai voulu courtes mais qui au final s'avèrent plus longues que prévues).

Jeudi 09/07

J'arrive tardivement sur le site (vers 23h30), juste le temps de voir la seconde moitié du set de Mogwai. Toutes guitares dehors comme à leur habitude, un son énorme qui prend forcément aux tripes mais qui ne s'encombre pas de subtilités: c'est du lourd mais le public semble apprécier. Sans dire que le groupe a démérité, on se retrouve malgré nous à apprécier le silence après un tel déluge sonore.
10 minutes après (le temps de rejoindre la grande scène), et c'est Emiliana Torrini qui clôture la soirée sur la scène principale. Pour ceux qui comme moi l'ont vue sur scène auparavant (comme lors du formidable concert à l'Ancienne Belgique en février dernier), la déception est grande, avec une performance en demi-teinte et qui peine réellement à démarrer. Pas vraiment de la faute de l'Italo-Islandaise, mais plutôt une question d'environnement inadéquat : il est en effet très difficile de remplir l'espace sonore avec des chansons intimistes, principalement acoustiques, comme celles de son impeccable deuxième album, le très folk "Fisherman's Woman". Le public, dont visiblement une grande partie n'est là que pour entendre son hit "Jungle Drum" n'aidera pas non plus. Heureusement la seconde moitié du set fonctionnera mieux grâce à des morceaux plus orchestrés, qui passent plus facilement malgré la pluie qui s'abat sur la plaine liégeoise. On en ressort malgré tout mitigé, en se disant qu'elle vaut mieux que ça (et que sa robe plastique).
Après cela, on repasse encore, juste par curiosité, pour voir ce que le vétéran Grandmaster Flash a à nous proposer sur la scène intérieure : si on ne peut pas juger d'une performance en 5 minutes, je dois dire que j'ai préféré profiter de mon lit plutôt que d'entendre un mix enchainant "Song 2" de Blur à "Smells like Teen Spirit" de Nirvana, digne pour moi d'une boum d'anniversaire d'un jeunot de 16 ans...

Vendredi 10/07

Premier concert du jour : les !!!. Alors qu'ils étaient pour moi la grande claque du festival il y a deux ans, les "tchik tchik tchik" ont proposé un spectacle moins déjanté (la faute au départ d'un membre du groupe ?) mais qui avait le mérite de bien faire bouger le public, surtout dans les premiers rangs. Nic Offer, comme à son habitude, n'a pas lésiné sur les déhanchements et l'on a assisté à un bon concert même si on est un peu déçu de ne pas retrouver le grain de folie qui nous avait tant allumé la dernière fois.
On s'en va plus tard dans les halles pour assister à quelques prestations électro, si je ne me trompe pas, de South Central, The Subs et du très attendu Paul Kalbrenner. L'électro, ce n'est pas vraiment mon domaine mais des trois, c'est surtout le dernier qui me semble-t-il a réussi à faire danser la foule.
Retour à l'extérieur pour assister au concert de Q-Tip (ancien A Tribe called Quest pour les connaisseurs), qui, backé par un vrai band, a proposé un hip hop bouillonnant et qui se révèlera être la bonne surprise de la journée.
Après, c'était au tour de Gossip de clôturer cette journée sur la grande scène. OK Beth Ditto se donne à fond (pas de doutes là-dessus), OK elle chante avec ses tripes (ce qui peut irriter un peu à la longue) mais les morceaux se suivent et se ressemblent, jusqu'au final, qui comprend les deux hits du groupe : "Standing in the way of Control" et le dernier single, "Heavy Cross", qui mettent réellement le feu. De deux choses l'une: soit ces morceaux sont les seuls qui sortent réellement du lot, soit ce concert fut la démonstration qu'un matraquage radio peut porter ses fruits en donnant l'illusion que ces titres sont formidables alors qu'ils sont au fond aussi interchangeables que les précédents. Si quelqu'un connaît leurs albums et peut m'éclairer, il est le bienvenu...

Samedi 11/07

DAY OFF :-)

Dimanche 12/07

Cette fois-ci on se lève tôt (et on aurait tort de traîner, l'affiche du dimanche aux Ardentes étant généralement la plus intéressante) et on arrive presqu'à l'heure pour le revenant Rodriguez (dont je vous ai parlé précédemment), qui semblait plutôt en forme (et qui, comme dirait l'autre, "n'avait apparemment pas bu que de l'eau"). Le groupe qui l'entoure semble plutôt jeune (dans les 35-40 ans) mais parvient à produire ce son vintage et psyché qui sied si bien au chanteur, tout en rajoutant un peu de peps. Le vieux briscard, heureux d'être là et habillé tout de noir, interprète les plus beaux titres de son répertoire (dont une longue version du fameux "Sugar Man"), en les ponctuant de blagues pas toujours très compréhensibles. Après un rappel où il nous interprète "I'm going to live" (until I die) en acoustique, on se dit qu'on y compte bien et on espère également qu'il repassera bientôt dans le coin pour un concert complet.
S'en suit un peu plus tard un autre vétéran, l'Ethiopien Mulatu Astatke, accompagné par le collectif The Heliocentrics. Pas vraiment une surprise pour moi, vu que je les ai vus il y a quelques mois à Gand pour un concert qui devait au moins faire 3h (et qui valait franchement la peine), j'ai de nouveau été ébloui par le son généreux et prenant déployé par le groupe, comme semblait également l'être le public.
Je n'oserais pas après vous narrer la prestation de la navrante Gabriella Cilmi, qui s'est époumonée tant bien que mal sur la scène extérieure, et qui hormis un tube est contrainte de meubler son set par des reprises (dont une passable de Justin Timberlake et une affreuse de "Me and Bobby McGee", le classique popularisé par Janis Joplin).
Le temps de boire un verre et c'est le trio Peter, Bjorn & John qui débarque sur la même scène. Ils livrent une belle prestation et le chanteur (je ne saurais pas dire qui est qui) a de l'énergie à revendre. Quant à la musique proprement dite, on est face à de la pop souvent down-tempo, ce qui peut expliquer en partie la relative apathie de l'audience. Un autre élément d'explication vient certainement de la méconnaissance du répertoire du groupe, qui hormis "Young Folks", ne possède pas beaucoup de tubes proprements dits. Dommage ceci dit, à l'écoute d'un titre tel qu'"Amsterdam" et d'autres encore qui m'ont semblé pas mal du tout et qu'il faudrait que j'approfondisse un jour.
Vu le retard pris dans la salle, j'arrive juste à temps pour profiter de la performance d'Alela Diane, qui enchante décidément toujours autant, malgré ses cheveux courts, son toujours très démonstratif bassiste et la petite touche d'humour qui semble malheureusement avoir disparu de ses spectacles. Mais il faudrait être de mauvaise foi pour critiquer une telle voix, qui en plus d'imposer naturellement le silence sur les titres les plus dénudés, nous emporte loin et dont on se demande si elle pourra lasser un jour. Rideau après 40 minutes et on se dit qu'on serait vraiment resté sur notre faim si on ne l'avait pas déjà vue quelque fois auparavant.
Dehors ce sont les Cold War Kids qui ont pris le relais pour un set solide. On regarde malheureusement un peu de loin, ce qui n'est pas rendre service à cette musique plus exigeante que la moyenne mais qui impressionne certainement.
Et on l'avoue, le dernier concert auquel on assistera sera celui de Julien Doré (aïe!). Si je dois dire que je n'ai jamais été fan du garçon, il faut reconnaitre qu'il sait se défendre sur scène et que face à un public conquis (ce qui devait certainement être le cas), on assiste à un spectacle pas déplaisant. Là où le bât blesse à mon avis, c'est au niveau du répertoire : les titres laissent indifférents (hormis "Les Limites" qui reste en tête, bien qu'on préfèrerait l'oublier). Par contre le groupe qui l'accompagne sait jouer et ça s'entend par exemple lors du duo rythmé avec Coeur de Pirate (celle de "Comme des enfants", un autre titre qu'on aimerait oublier mais là je m'éloigne...) bien que ça semble un peu facile, le morceau se résumant à une répétition d'une même phrase sur quelques accords. Il a aussi le culot de finir sur un instrumental bien senti, qui nous laisse penser que le chanteur a bien plusieurs cordes à son arc mais qu'à force de faire le grand écart entre les genres, on a bien du mal à se positionner par-rapport à cette musique qui part dans tous les sens, avec comme centre de gravité le personnage de Julien Doré, un schizophrène qui ne sait pas toujours bien où il met les pieds...et finalement nous non plus.

En résumé, un bon festival, sans claque ni découverte majeure mais avec pas mal de bons moments.

D'autres échos et des illustrations par là :

- La chronique d' Esprits Critiques, détaillée par jour (1, 2, 3 et 4)
- L'avis de K-Web
- Les photos de Little reviews

samedi 27 juin 2009

French Bowie


Bien que David Bowie n'aie plus vraiment d'actualité depuis quelques années (son dernier album, "Reality", date déjà de 2003), rien ne nous empêche de l'aborder sur ce blog sous un angle un peu particulier, en l'occurrence son rapport à la chanson française, sans prétention d'exhaustivité.

Comme ça se faisait encore à l'époque, Bowie a repris quelques-uns de ses classiques en langue étrangère. Il existe par exemple une version italienne de "Space Oddity", intitulée "Ragazzo Solo, Ragazza Sola", transformant ainsi l'épopée du Major Tom en une histoire d'amour). Et comme vous l'avez vu en illustration de ce billet, le titre "Heroes" n'a pas seulement eu les honneurs d'une version allemande, (ce qui fut également le cas pour le titre "Love you 'till tuesday") mais également d'une variante française, plus méconnue, que je vous livre ici:

David Bowie - Héros (plus disponible)

Inversons maintenant le processus, avec une relecture d'une chanson française par Bowie himself. Ce ne sera pas une découverte pour la plupart d’entre vous : en 1973, le chanteur reprenait « Amsterdam » de Jacques Brel en face B de son single « Sorrow » (à voir : le clip où figure cette chère Amanda Lear). Le morceau original (dont il n'existe pas de version studio apparemment) bénéficiait d’une instrumentation plutôt luxuriante et qui allait crescendo, de l'introduction à l'accordéon au final orchestral. Scott Walker l'avait reprise également sur son premier album dans une adaptation assez fidèle à celle de Brel.

Bowie choisit quant à lui de se tenir davantage à la moëlle du morceau, qui en devient une ballade folk où il se fait accompagner à la guitare par son compère Mick Ronson. S'il est bien évidemment risqué de se mesurer au grand Jacques, on peut dire que l'entreprise est plutôt une réussite. Le chant de Bowie est convaincant et on se retrouve face à un morceau que l'on croyait connaître par cœur, mais qui réussit encore à nous surprendre.

David Bowie - Amsterdam (plus disponible)

Et finalement, quel artiste français peut se targuer d’avoir repris une chanson de David Bowie ? Pas beaucoup me semble-t-il mais quelques recherches m’ont permis d’en retrouver deux, plutôt oubliées. Il y a d'une part Alain Kan avec « La vie en Mars » (sic), que je vous laisse découvrir sur le blog du Grand Panda, et qui je pense se passe de commentaire. (si ce n'est que sa bio me semble plus intéressante que la reprise en question).
Plus réussie, cette version de Gérard Palaprat de "Space Oddity", intitulée « Un homme a disparu dans le ciel ». Bien sûr le morceau n'échappe pas au kitsch (les paroles supportent mal la traduction et le chant, surtout dans la première partie, irrite un peu) mais je lui tire mon chapeau pour le travail effectué, comme le décompte introductif en russe ou encore le solo de guitare final épique, chose somme toute assez rare dans la variété française. En résumé, un petit bijou méconnu qui mérite certainement d'être découvert et réhabilité, au premier comme au second degré.


PS: Je m'en voudrais, bien que ce soit un peu hors-sujet, de ne pas évoquer le meilleur medley de Bowie, qui ne contient pourtant aucune de ses chansons originales : j'ai nommé le fameux "Bowie's in Space" des Flights of the Conchords, à voir en images ici.

PS2: en prolongement de ce post, le blog It's Only Rock'n Roll...But I Like It évoque les premiers contacts de Bowie avec les Français, avec en prime une interview assez maladroite du Thin White Duke par...Michel Drucker! A lire ici.