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lundi 28 juin 2010

2010 : classement intermédiaire

Il fait chaud, trop chaud que pour s'épancher longuement sur son clavier. Mais en cette année où j'ai (enfin) fait l'effort de suivre quelque peu l'actualité musicale, je me suis dit qu'il ne serait pas inutile de récapituler tout ça sous forme d'un classement des 20 albums les plus écoutés, et donc appréciés, de ces six premiers mois de 2010. D'autant qu'il me facilitera la tâche lorsqu'il s'agira de compiler le traditionnel top de fin d'année, avec les développements d'usage cette fois.

Mon top intermédiaire :

1. Beach House - Teen Dream
2. Owen Pallett - Heartland
3. Joanna Newsom - Have One On Me
4. Arnaud-Fleurent Didier - La Reproduction
5. The National - High Violet
6. Get Well Soon - Vexations
7. Caribou - Swim
8. Foals - Total Life Forever
9. The Divine Comedy - Bang Goes The Knighthood
10. The Besnard Lakes - Are The Roaring Night
11. Spoon - Transference
12. The Tallest Man On Earth - The Wild Hunt
13. Midlake - The Courage Of Others
14. Tindersticks - Falling Down A Mountain
15. Holy Fuck - Latin
16. LCD Soundsystem - This Is Happening
17. She & Him - Volume II
18. Tunng - And Then We Saw Land
18. Laura Veirs - July Flame
19. Rufus Wainwright - All Days Are Nights (Songs For Lulu)
20. Broken Bells - Broken Bells

Et bonne saison estivale à tous bien entendu !

dimanche 10 janvier 2010

Jamais trop tard...mes 10 titres de 2009

Qu'ai-je écouté en 2009 ? Beaucoup de choses - et pas forcément des nouveautés - qui comme chaque année partent un peu dans tous les sens...Si je ne pense pas pouvoir livrer un top des albums cette fois-ci, je vous laisse tout de même avec une petite sélection de mes 10 titres favoris de l'année écoulée, dans le désordre :

Antony & The Johnsons - One Dove

Et s'il s'agissait là du plus beau titre d'Antony et de son groupe ? Celui qui me semble le plus juste en tout cas, tout en équilibre fragile. Rien ne dépasse, pas d'excès dans la voix, ni d'arrangements superflus. Et ces quelques cuivres jazzy, qui confèrent une belle élégance au tout. Essentiel.

Grizzly Bear - Ready Able

J'aurais aussi bien pu choisir Two Weeks mais Ready Able s'est finalement imposé à moi comme l'autre joyau de ce disque fabuleux. Un morceau où il se passe énormément de choses mais où tout s'imbrique parfaitement, à se demander comment le groupe parvient à garder cette impression de légèreté avec une instrumentation aussi touffue (Muse ferait bien d'en prendre de la graine !). Et s'il n'en fallait qu'un, certainement le disque que je retiendrais de 2009.

Mono - Ashes in the Snow

Peut-être un peu pompeux sur la longueur, on retiendra cet album de Mono (produit par Steve Albini) surtout pour ce titre d'ouverture. Parce que même si j'affectionne ce genre, le post-rock c'est finalement souvent la même chose. Ici, le groupe et l'orchestre qui l'accompagne font des étincelles, et on sait que ce morceau sera toujours là quelque part pour nous et qu'il est de ceux qui nous font sentir vivants, rien de moins.

Alela Diane - Tated Lace

Oubliée (écartée ?) par beaucoup des tops de fin d'année car prise en flagrant délit d'ornementation (comme si les quelques instruments venus étoffer son deuxième disque étaient synonymes de surproduction), on aurait tort de passer à côté de ce beau disque, certes plus classique (certains diront "convenu") mais qui recèle son lot de perles. Voix sublime, mélodie à croquer, superbes envolées finales, je défie quiconque de trouver quoi que ce soit à redire sur ce titre, qui prouve avec une aisance insolente qu'Alela est déjà une grande.

Fuck Buttons - Surf Solar

J'écoute peu d'électro. Pas que je n'aime pas ça mais disons que ce genre reste pour moi difficile à appréhender sur la longueur, comme celle d'un album. Pourtant, je n'ai pas éprouvé de lassitude à l'écoute de "Tarot Sport". Et ce morceau en particulier, psychédélique à souhait et complétement barré, m'a fait autant d'effet que lorsque j'avais entendu ceci pour la première fois. Idéal pour se décrasser les oreilles.

Dominique A - Le Sens

La plus grande interrogation de l'histoire de l'humanité sur fond d'électronique lo-fi : quoi de plus casse-gueule ? Oui mais c'est Dominique A. Et on ne voit pas très bien qui d'autre aurait pu se tirer d'affaire avec un tel scénario. Lui bien, sans misérabilisme et avec une belle pudeur : une quête désespérée contée à hauteur d'homme.

Beirut - La Llorona

Il n'y avait peut-être pas grand chose à retenir de l'EP de Zach Condon et de son groupe, paru il y a presque un an. Un morceau sauve toutefois l'entreprise du naufrage, et quel morceau ! "La Llorona", complainte désespérée aux accents marins, est surtout exceptionnelle de par sa section de cuivres, qu'on n'avait jamais entendue comme ça chez Beirut. L'orchestre de 19 musiciens mexicains réussit en effet à conférer à la musique du gentil Zach une puissance inhabituelle, euphorisante et salvatrice malgré la mélancolie ambiante. Et puis quel beau clip.

Vic Chesnutt - Chain

Peut-on encore écouter Vic Chesnutt sans en avoir la gorge nouée ? Qu'y a-t-il de plus triste que de mourir le jour de Noël ? Au-delà de ces questions, Chain est le premier morceau de "At the Cut" que j'ai apprivoisé. Certainement le titre le plus accessible de ce disque, mais est-ce pour autant forcément une tare ? Bien évidemment que non. Chain a déjà sa place parmi les classiques de ces chanteurs dont la voix évoque un vécu intense (au hasard Tom Waits ou Kurt Wagner de Lambchop). Un grand moment.

The Mountain Goats & John Vanderslice - Scorpio Rising

Et une chanson pop parfaite, une ! Sur le meilleur EP collaboratif depuis "In the Reins" de Calexico et Iron & Wine. Passé inaperçu cette année parce que paru seulement à 1000 exemplaires vinyles vendus lors d'une tournée commune (ça n'aide pas), ce petit disque est la démonstration que le tout vaut parfois plus que la somme de ses parties. A découvrir d'urgence pour les fans du dernier album du groupe...

Girls - Hellholle Ratrace

Un des groupes les plus hype de l'année, qui a sorti un disque qui bien qu'inégal compte pas mal de très bons moments. Ce morceau-ci en fait indéniablement partie, et pour le coup fait aussi moins "musique de pub pour jeans ou GSM" que Lust for Life. Plus sérieusement, la belle voix de Christopher Owen fait des merveilles sur ce morceau épique, et quand il répète de manière hypnotisante “I don’t want to die without shaking up a leg or two/ Yeah I want to do some dancing, too...”, on a tous simplement envie d'y croire : c'est ça aussi le rock'n roll.

Et bien sûr, tout le meilleur pour 2010.

PS : les morceaux ne sont plus en ligne.

mardi 9 juin 2009

Trio gagnant

Mes habitudes d'écoute sont marquées par des phases, de durée et d'intensité variables, au cours desquelles je me concentre sur un groupe ou un artiste en particulier. Je suis par exemple sorti récemment d'une période de redécouverte de l'œuvre de Neil Hannon (la faute à Coolbeans) pour me consacrer plus pleinement à la discographie de Bob Dylan, circa 1963-1969 (où il n'est d'ailleurs question que de chefs d'œuvres). Il faut reconnaitre qu'il est très agréable de se laisser porter de la sorte au gré de musiques qui nous ont totalement conquises.

Il y a néanmoins un revers à cette médaille : le sentiment coupable de passer à côté de nouveautés intéressantes dont il est question dans les magazines musicaux (le toujours très recommandable Rif Raf par exemple : gratuit en pdf!) et plus généralement dans les blogs et webzines. Si je suis toujours à l'affut des nouveautés intéressantes, je peux difficilement affirmer être à la pointe en ce qui concerne les dernières sorties. Je reste d'ailleurs toujours fasciné par la capacité de digestion musicale de certaines personnes alors que je ne parviens quant à moi qu'à me plonger que dans quelques nouveautés tous les mois.

Comme vous pouvez le voir ci-contre, quelques disques récents se sont tout de même imposés à moi dernièrement. Vu que je me sens un peu trop paresseux que pour pondre un long billet sur ces disques de manière individuelle, je vais tenter de m'en tenir à quelques lignes qui reflètent mon avis général sur ceux-ci. J'y joins, comme d'habitude, des liens vers des chroniques bien plus exhaustives que moi à leur sujet.

La troisième marche de mon top personnel est occupée par Rodriguez pour un disque qui nous arrive avec un peu de retard (37 ans tout de même!). Passé encore plus inaperçu à l'époque que son indispensable « Cold Facts », « Coming from Reality » est le second et ultime album du troubadour. Si ce disque est hautement recommandé aux fans de son premier essai, les autres auront plutôt intérêt à faire l'apprentissage dans l'ordre. On n'y retrouve malheureusement plus de classiques instantanés comme l'était « Sugar Man » bien que les morceaux soient solides pour la plupart, explorant le meilleur de ce que la fin des sixties pouvait nous proposer en matière de folk ou de pop psychédélique. A noter aussi que le disque contient 3 titres supplémentaires et un livret très complet, comme les autres rééditions de l'impeccable label Light in the Attic, qui nous offre également un extrait du disque:

Rodriguez - Heikki's Suburbia Bus Tour


En 2, je me dois d'évoquer le cas de Jason Lytle, la force créative derrière les regrettés Grandaddy, un groupe qui avait le chic l'air de rien de trousser de sacrés morceaux qui font date aujourd'hui dans le petit monde de la pop indé. Monsieur Lytle a attendu 4 ans quant à lui pour nous revenir en musique, avec cet album intitulé « Yours,Truly, the Great Commuter ». Ce retour se révèle discret mais plutôt gagnant à mon goût. Teinté de mélancolie, le disque contient quelques pépites qui raviront les fans d'antan mais qui devraient également pouvoir en convertir d'autres tant l'ensemble se révèle lumineux. S'il n'évite pas quelques écueils (« Brand New Sun » : le genre de morceau déjà entendu en mieux, « It's the weekend » : une rengaine débile chantée sur une guitare saturée et un riff de synthé horripilant) , j'avoue me laisser prendre au jeu de la voix si caractéristique du bonhomme et à ses arrangements quelques peu kitsch (remember ELO?) avec beaucoup de bonheur. Un disque sans prétention mais qui devrait ravir vos oreilles printanières.

4 autres chroniques de cet album sur ce chouette site.

Recommandation personnelle : ce qui marche très bien sur disque peut se révéler d'un ennui profond sur scène : je ne pense pas que les spectateurs qui ont assisté au concert de Jason Lytle il y a quelques semaines au Botanique me démentiront.

Une chanson ici:

Jason Lytle - Ghost of my Old Dog (plus disponible)


En haut du tableau, le grand méchant ours: j'ai nommé Grizzy Bear !!! Grand grand disque, que dire d'autre? Plus abouti que le déjà bien foutu « Yellow House », on ne peut pas reprocher grand chose à un album de cette trempe, sinon qu'il lui manque peut-être un titre de la grandeur de « Knife », qui reste à mon goût un des meilleurs morceaux de cette décennie. Voilà un groupe qui sait faire preuve d'inventivité, ose expérimenter tout en réussissant à rester accessible et qui parvient par moment à tutoyer la grâce comme pouvaient le faire les Beach Boys des grands jours (« Two Weeks »). J'ai lu que "Veckatimest" était un peu leur « Ok Computer », il est un peu tôt pour le dire mais il faut lui reconnaître des qualités qui lui donnent une bonne longueur d'avance pour le titre de « meilleur album de l'année ».

Quelques avis en vrac et un titre sur le site du groupe:

Grizzly Bear - Cheerleader

Pour faire votre shopping :

Rodriguez - Coming from Reality

Jason Lytle - Yours Truly, the Commuter

Grizzly Bear - Veckatimest